Vous sentez-vous habitant et citoyen du Grand Paris ? Pourquoi ?

Ce territoire que chacun définit et perçoit différemment, quelle en est votre propre perception ?  Qu’est-ce que cela peut vouloir dire, concrètement, d’être  un citoyen du Grand Paris ? Avez-vous déjà le sentiment d’appartenir à cet ensemble, à la métropole capitale ?

Ville mère et banlieue

Par Jean Grandvoinnet Évalué à 5 par 2 personnes Signaler cette discussion

Voulant mieux comprendre de quoi retournait ce débat je me suis replongé dans la définition du mot métropole : du grec « ville mère ». Donc, Paris-ville mère. Mais à écouter les témoignages des personnes filmées dans le court-métrage de présentation, cette appellation prend un autre sens. Tous, parisiens et non parisiens, parlent d’une séparation ou d’une différence entre Paris et les villes qui l’entourent. De plus ces villes sont dénommées banlieue par les témoins. Or ce dernier terme n’était pas employé dans les questions qui leur étaient posées. Donc j’ai recherché ce que voulait dire ce terme : banlieue, lieu du ban ou des bans. Le ban, qui a donné le mot bannière, étant l’assemblée de ceux qui dépendent du fief. Je constate donc que les discours de tout un chacun sont différents : d’un côté une ville mère qui aurait à cœur de se développer en faisant grandir ses petits, de l’autre un fief qui entretien ses dépendances pour assurer son approvisionnement.

Et puis, dans votre sémantique apparait un autre concept : le Grand Paris. Ce n’est donc plus une centralité maternelle ou seigneuriale et ses enfants ou vassaux, mais une seule entité qui a grossit et englobé ce qui l’entourait dans une même identité en gommant les anciennes identités. Effectivement, seul le nom de Paris est conservé.

Toutes ces appellations, toutes ces représentations correspondent à ce que je perçois de Paris Métropole : un territoire urbain fortement marqué par la capitale de notre pays, lui-même très centralisateur, qui cherche à exister selon cette marque qualitative mais aussi selon ses spécificités locales sans trop savoir comment s’y prendre.

Pour répondre, connectez-vous

Commentaires

Bien vu!

Par Sonia

Signaler ce commentaire

Je trouve votre "plongeon" très intéressant :)

J’aurais tendance à aller voir du côté de l’histoire de Paris, du pourquoi de sa prise en main en tant que ville carrefour au fil des siècles. Les gouvernances se sont pourtant succédées sans pour autant apporter une véritable cohésion politique….chacun voulant tirer profit de la ville d’un point de vue narcissique et non démocratique.

Ce n’est plus la "ville des Parisii" qui est en jeu dans ce débat sur la gouvernance de la Métropole, mais bien l’affaire des citoyens…du moins c’est ce que j’aime à me faire croire…. :)

Les débats peuvent parfois en témoigner. Il est clair que les choses se feront avec ou sans les citoyens, que nous public actif de cette nouvelle forme de métropolisation n’avons pas la réponse à cette question : demain, quel Grand Paris ? , que nous ne sommes pas prêts à lâcher les communes, l’identité originale de notre patrimoine culturel (adoption ou natif de…)

Pour répondre, connectez-vous

Syndrome de la Zone

Par Iona

Signaler ce commentaire

Cette exploration des origines et des imaginaires me fait penser à une photo de la "Zone" à la Porte d'Italie, par Eugène Atget (1913), proposée dans la médiathèque : https://fabrique.parismetropole.fr/documents/724 

La Zone était à l'origine une "zone tampon", autour de l'enceinte de Thiers (dite les "fortif") qui entoura Paris entre 1841 et 1844. Elle était interdite à la construction pour permettre une meilleure visibilité et donc une meilleure défense de la ville.

Quand la fonction militaire de la Zone fut abandonnée, des bidonvilles commencèrent à s'y former.

Quand je vois cette photographie d'Atget, je me dis que dans l'imaginaire, la "banlieue", c'est toujours cette zone-là, d'où une desaffection émise ou ressentie. 

On est bien loin de la ville Mère, plus près des bans...

Pour répondre, connectez-vous

Re: Syndrome de la Zone

Par Frédéric VINCENT

Signaler ce commentaire

C'est une remarque très juste à laquelle il convient d'ajouter la démocratie finalement assez récente et très imparfaite de la ville de Paris au regard de son statut particulier.

En effet l'Etat conserve un nombre important de pouvoirs administratifs et de police, et les arrondissements souvent issus d'anciennes communes disposent de prérogatives restreintes.

Par ailleurs alors que l'Etat dans les années 60 avait lancé les premières communauté urbaines, Paris et l'Ile de France ont échappé à la règle avec un urbanisme et un principe des mobilités échappant à tout contrôle d'élu.

Ceci n'explique en partie le retard pris sur ces thématiques de la gouvernance, d'une conception de la métropole et cet éternel débat d'absorption ou de développements de strates concurrentes commes les départements, les villes nouvelles et les intercommunalités de projet.

Il convient également d'ajouter la décentralisation où l'on a segmenté les procédures de décisions fiscales, foncières et où l'incohérence et l'absence de péréquations se sont fait jour.

Alors bien sur on est dans une première étape, mais la prospective exige cette relation avec les habitants

Pour répondre, connectez-vous

l'étymologie n'explique pas tout

Par elifsu

Signaler ce commentaire

J'aime beaucoup l'étymologie également mais je trouve que c'est parfois insuffisant pour comprendre le sens des mots utilisés dans une discussion, le sens est souvent influencé/modifié par des siècles d'usage. Donc certes métropole vient de mater-polis mais ça désigne surtout la ville principale d'une grande région voire d'un pays, je ne suis pas sûre que le caractère nourricier des mères animales soit pertinent dans ce cadre.

Pareil pour la banlieue. Si la banlieue a pu désigner la lieue/ l'étendue sur laquelle s'applique le ban (= l'autorité d'un seigneur), on comprend tous de quoi il s'agit aujourd'hui quand on en parle, non ? Et même si certains habitants des banlieues n'aiment pas du tout être appelés banlieusard (le terme est péjoratif, à l'origine), d'autres le revendiquent. On peut aussi dire que c'est ni plus ni moins une réalité objective, palpable, définie actuellement par les portes de Paris. Ce qui ne l'empêche pas de charrier tout un tas de connotations...

Pour répondre, connectez-vous